{\rtf1\ansi\ansicpg1252\uc1 \deff0\deflang1036\deflangfe1036{\fonttbl{\f0\froman\fcharset0\fprq2{\*\panose 02020603050405020304}Times New Roman;}{\f59\froman\fcharset238\fprq2 Times New Roman CE;}{\f60\froman\fcharset204\fprq2 Times New Roman Cyr;}
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\fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 \sbasedon0 \snext15 Body Text;}}{\info{\title DENIS VASSE TEMPS DU DESIR}{\author Calixte COUFFIN}{\operator Unknown User}{\creatim\yr2003\mo2\dy28\hr10\min7}{\revtim\yr2003\mo2\dy28\hr16\min36}
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\qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\b\fs28 Denis VASSE}{\fs28 , }{\b\i\fs28 Le temps du d\'e9sir}{\fs28 , Seuil, Paris, 1969, 170 p. et coll. \'ab\~
Points essais\~\'bb, 1997, avec postface, 185 p.
\par 
\par La pri\'e8re, une exp\'e9rience
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Il est impossible de dire une fois pour toutes ce qu\rquote est la pri\'e8re}{\fs28 , comme il est impossible de dire l\rquote homme. Cela ne suffit pas, pourtant, \'e0 la ranger d\'e9finitivement dans le grenier des choses ineffables o
\'f9 tout serait organis\'e9 selon le secret des souvenirs du c\'9cur, dans la trame d\rquote une intuition qui \'e9chapperait \'e0 tout discours. Au contraire, nous pensons que l\rquote impossibilit\'e9 de se dire ad\'e9quatement }{\b\fs28 provoque l
\rquote homme \'e0 parler}{\fs28  et suscite en lui une parole qui, dans toutes les langues possibles, t\'e9moigne de cette impossibilit\'e9 m\'eame. Irr\'e9ductible \'e0 une d\'e9finition purement intellectuelle, }{\b\fs28 la pri\'e8re est de l\rquote 
ordre de l\rquote exp\'e9rience. }{\fs28 (p. 17)
\par 
\par Pri\'e8re et parole
\par 
\par \'ab\~\'85 la pri\'e8re se pr\'e9sente comme un temps d\rquote arr\'eat des activit\'e9s pendant lequel l\rquote homme, }{\b\fs28 par la m\'e9diation de son corps, pr\'e9tend se mettre en pr\'e9sence de Dieu. }{\fs28 Dans le }{\b\i\fs28 suspens}{\fs28 
 de son activit\'e9 imaginaire, qu\rquote elle soit discours ou comportement, l\rquote homme laisse surgir ce qui est d\'e9j\'e0 l\'e0, mais encore retranch\'e9 ou expuls\'e9 des repr\'e9sentations qu\rquote il s\rquote en donne. }{\b\fs28 Ce d\'e9j\'e0 l
\'e0}{\fs28  est toujours absent de la repr\'e9sentation qui cherche \'e0 le saisir, }{\b\fs28 c\rquote est le r\'e9el}{\fs28 . Il fait irruption dans la faille des repr\'e9sentations imaginaires, \'e0 leurs fronti\'e8res, comme ce qui \'ab\~
subsiste hors de la symbolisation\~\'bb, comme ce qui est encore \'ab\~soustrait aux possibilit\'e9s de la parole\~\'bb, dont \'ab\~il n\rquote attend rien\~\'bb, }{\b\fs28 mais \'e0 l\rquote op\'e9ration de laquelle il est n\'e9cessaire}{\fs28 \~\'bb (p.
 17-18)
\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri0\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Dieu et mon corps\'85
\par }\pard\plain \qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~}{\b\fs28 La pri\'e8re comme la parole}{\fs28  font \'e9clater, en effet, le r\'e9seau des repr\'e9sentations que nous fabriquons pour nous y mouvoir dans l\rquote aisance de la compr\'e9hension. }{\b\fs28 L\rquote une et l\rquote 
autre surgissent dans l\rquote enchev\'eatrement du langage qui pr\'e9-existe au corps de tout individu.}{\fs28  Elles s\rquote ins\'e8rent dans un r\'e9seau de mots, en m\'eame temps qu\rquote elles indiquent }{\b\fs28 ce qui \'e9chappe \'e0 tout syst
\'e8me de repr\'e9sentation et}{\fs28  }{\b\fs28 qui, pourtant, en est la source\~: Dieu et mon corps}{\fs28 . Mon corps n\rquote est jamais parfaitement r\'e9ductible \'e0 la repr\'e9sentation que je m\rquote en fais, et Dieu pas davantage. Et s\rquote 
il advenait que l\rquote homme arrive \'e0 dire ad\'e9quatement son corps, la notion m\'eame de Dieu dispara\'eetrait\~\'bb. (p. 18-19)
\par L\rquote homme, parole et pri\'e8re\~?
\par 
\par \'ab\~La question de l\rquote homme se pose en ce }{\b\fs28 point d\rquote \'e9mergence de la parole}{\fs28 , l\'e0 o\'f9, en son corps, le }{\b\i\fs28 besoin}{\fs28  de l\rquote autre se convertit en }{\b\i\fs28 d\'e9sir}{\fs28  de l\rquote 
Autre. Peut-on dire aujourd\rquote hui quelque chose de ce point d\rquote ancrage o\'f9 s\rquote enchev\'eatrent le corps et la parole, }{\b\fs28 le besoin et le d\'e9sir}{\fs28 , et que nous avons dit \'eatre }{\b\fs28 le moment de la pri\'e8re\~?}{
\fs28 \~\'bb. (p.19-20) 
\par 
\par Le besoin\~?
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Besoin implique n\'e9cessit\'e9}{\fs28 . Il est n\'e9cessaire de manger pour vivre. Le besoin est de l\rquote ordre de l\rquote assimilation ou de la consommation\~: c\rquote est une force transformatrice qui r\'e9duit ou d\'e9truit l
\rquote objet auquel elle s\rquote adresse. }{\b\fs28 La satisfaction du besoin, sa disparition, survient avec la consommation de l\rquote objet.}{\fs28  Le pain que je mange supprime la tension douloureuse de la faim. Au terme, l\rquote 
objet-pain et le besoin-pain se sont supprim\'e9s l\rquote un par l\rquote autre\'85\~\'bb (p.20)
\par 
\par Le d\'e9sir\~?
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Chez l\rquote homme, pourtant, le besoin n\rquote est jamais pur besoin.}{\fs28  Le besoin de l\rquote homme porte la marque de l\rquote esprit, c\rquote est-\'e0-dire du d\'e9sir de l\rquote 
autre qui trouve son origine dans le besoin de l\rquote autre, mais qui n\rquote y est pas r\'e9ductible. }{\b\fs28 D\'e9sirer l\rquote autre, en effet, c\rquote est le vouloir pour ce qu\rquote il est et que je ne suis pas\~}{\fs28 ; c\rquote 
est par cons\'e9quent, renoncer \'e0 en faire l\rquote objet de mon besoin, renoncer \'e0 le r\'e9duire. Tout se passe comme si la r\'e9p\'e9tition ind\'e9finie du besoin, avec l\rquote augmentation et les ruptures de tension qu\rquote 
un tel processus implique, nourrissait la permanence du d\'e9sir humain. }{\b\fs28 Dans la relation humaine, l\rquote autre appara\'eet radicalement autre, Autre,}{\fs28  dans la mesure o\'f9 je n\rquote 
en ai pas besoin car, alors, rien ne justifie pour moi sa pr\'e9sence. D\'e8s l\rquote origine, la m\'e8re s\rquote offre \'e0 la satisfaction de tous les besoins du petit d\rquote homme\~; elle est \'ab\~l\rquote objet primordial\~\'bb dont la seule pr
\'e9sence est signe de rassasiement et de vie. Mais si elle est le lieu d\rquote apaisement de toute tension et de toute douleur, elle ne dispara\'eet jamais enti\'e8rement dans la pl\'e9nitude du rassasiement. En la consommant, l\rquote 
enfant ne la tue pas. Elle reste \'e0 d\'e9couvrir comme autre chose qu\rquote un objet. D\'e9j\'e0 se noue le processus qui sera v\'e9cu, dans la sexualit\'e9, sur un autre mode\~: }{\b\fs28 la consommation de l\rquote acte r\'e9v\'e8le l\rquote 
autre dans sa persistance, Autre}{\fs28 . Au jeu rythm\'e9 de l\rquote apparition et de la disparition d\rquote une tension, }{\b\fs28 est li\'e9e la d\'e9couverte d\rquote une radicale diff\'e9rence entre l\rquote autre et moi}{\fs28 \~\'bb. (p. 21-22)

\par 
\par La pri\'e8re, un besoin\~?
\par 
\par \'ab\~Que dit-on, d\'e8s lors, lorsqu\rquote on dit de la pri\'e8re qu\rquote elle est un besoin\~?
\par Si l\rquote on se r\'e9f\'e8re au mod\'e8le de la tension d\'e9vorante, prier est l\rquote acte qui met fin \'e0 la tension orante dont l\rquote objet est Dieu. }{\b\fs28 Ainsi, nous faisons de Dieu l\rquote objet d\rquote une connaissance d\'e9
vorante, alors que c\rquote est d\rquote \'eatre irr\'e9ductible au conna\'eetre que toute pr\'e9sence s\rquote affirme}{\fs28 . Objet privil\'e9gi\'e9 \endash  puisqu\rquote il est dispensateur de tout bien \endash 
 nous le recherchons avec acharnement dans le temps, dans l\rquote espace ou dans le fouillis de nos connaissances. Comme si nous confondions l\rquote acte de t\'e9ter avec la m\'e8re. Or, pr\'e9cis\'e9ment, il ne suffit pas au b\'e9b\'e9
 de sucer son pouce pour rendre r\'e9ellement sa m\'e8re pr\'e9sente. Cependant, en t\'e9tant son pouce, }{\b\fs28 l\rquote enfant rend imaginairement pr\'e9sente sa m\'e8re absente}{\fs28  et, pour un temps au moins, apaise la tension dou
loureuse. Inversement, d\rquote ailleurs, il ne suffit pas \'e0 un b\'e9b\'e9 d\rquote \'eatre nourri pour devenir un homme. }{\b\fs28 Si cette nourriture n\rquote est pas li\'e9e \'e0 l\rquote exp\'e9rience d\rquote une pr\'e9sence qui dispara\'ee
t et qui demeure, l\rquote enfant n\rquote acc\'e8dera jamais \'e0 l\rquote univers humain de la symbolisation}{\fs28 \~\'bb (p.23)
\par 
\par R\'f4le des significations humaines
\par 
\par \'ab\~}{\b\fs28 Si la nourriture n\rquote est pas prise dans le r\'e9seau des significations humaines, elle n\rquote est pas une nourriture d\rquote homme}{\fs28 . L\rquote art culinaire, la cuisine marque d\rquote un signe de feu \endash  celui de l
\rquote homme \endash  la nourriture, si bien qu\rquote en mangeant, l\rquote homme int\'e9riorise quelque chose de la pr\'e9sence de l\rquote autre, m\'eame \endash  et surtout peut-\'eatre \endash  s\rquote il n\rquote est pas l\'e0. Ce n\rquote 
est pas par hasard que la table est le lieu des souvenirs. }{\b\fs28 En absorbant le pain de son labeur ou les mets qui lui sont}{\fs28  }{\b\i\fs28 pr\'e9par\'e9s}{\fs28 , }{\b\fs28 l\rquote homme ne fait pas que satisfaire un pur besoin\'85
\par \'ab}{\fs28 L\rquote homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu\~\'bb (Mt, 4, 4). L\rquote on voit que cette r\'e9f\'e9rence \'e0 la parole indique, }{\b\fs28 ce qui, dans le besoin, appartient au champ du d\'e9
sir de l\rquote autre, le d\'e9sir qu\rquote il a de moi }{\fs28 ou, du moins, le d\'e9sir qu\rquote il a que je mange. Mais en mangeant ce que l\rquote autre m\rquote a pr\'e9par\'e9, je me le rends d\rquote autant plus pr\'e9sent que je ne le d\'e9
vore pas. }{\b\fs28 Si cette dissociation n\rquote est jamais faite, dans un m\'eame acte, entre le besoin et le d\'e9sir,}{\fs28 
 les voies sont ouvertes au cannibalisme (mangeurs de chair humaine) ou au vampirisme (suceurs de sang), fantasmes qui ne sont pas absents des plus civilis\'e9s d\rquote entre nous\~\'bb.(p.24)
\par Le P\'e8re D. Vasse \'e9tend ici son analyse \'e0 tout ce qui nourrit notre esprit aussi bien que notre corps.
\par 
\par Qu\rquote en est-il de la pri\'e8re\~? 
\par 
\par }{\b\fs28 La pri\'e8re conna\'eet son temps d\rquote enfance}{\fs28 . \'ab\~Tout comme l\rquote enfant ou l\rquote adulte malade trouvent, dans le fait de manger, un rem\'e8de \'e0 leur angoisse et l\rquote assurance d\rquote une pr\'e9s
ence, ainsi nous avons appris \'e0 nous retirer de nos occupations }{\b\fs28 pour nous livrer \'e0 la ferveur nourrissante de l\rquote esprit}{\fs28 . Nous avons jalousement isol\'e9 une heure \endash  ou plus ou moins \endash  dans nos journ\'e9
es, ce temps fort dont nous avons pris l\rquote habitude et dont nous gardons, si d\'e9j\'e0 nous l\rquote avons abandonn\'e9, la secr\'e8te nostalgie. Nostalgie de la mauvaise conscience, habitude de la bonne, }{\b\fs28 l\rquote heure de silence \endash 
 le temps devenu objet \endash  nous garantit la pr\'e9sence de Dieu.}{\fs28  Du bien-\'eatre ou de l\rquote effort, nous retirons quelque satisfaction}{\b\fs28 \'85 jusqu\rquote au jour o\'f9 ce que nous prenions pour le \'ab\~sel\~\'bb de la pr\'e9
sence de Dieu vient \'e0 s\rquote affadir en projection imaginaire de nous-m\'eame}{\fs28 . Nous sommes alors tr\'e8s tent\'e9s d\rquote abandonner\'85\~\'bb (p. 25)
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri0\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Le P. D. Vasse \'e9num\'e8re diff\'e9rents lieux qui jouent ce r\'f4le d\rquote objet 
\'e0 consommer\'85
\par }\pard\plain \qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par La rupture\'85
\par 
\par \'ab\~Quoi qu\rquote il en soit de la modalit\'e9 de notre recherche, }{\b\fs28 le sentiment nous vient, apr\'e8s plusieurs essais ou plusieurs ann\'e9es, que si nous avons besoin de prier, Dieu n\rquote est pas, pour autant l\rquote objet de notre besoin
}{\fs28 . Il ne se trouve ni dans le temps, ni dans l\rquote espace, ni dans le savoir. Il est ailleurs que dans l\rquote ailleurs o\'f9 nous le cherchions. L\rquote ailleurs de l\rquote ailleurs ram\'e8ne l\rquote homme \'e0 lui-m\'eame\'85\~\'bb (p. 26)

\par 
\par }\pard\plain \s1\qj \li0\ri0\keepn\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\outlinelevel0\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Le temps de l\rquote errance\'85
\par }\pard\plain \qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par \'ab\~Ainsi, }{\b\fs28 la recherche du \'ab\~vrai\~\'bb Dieu nous condamne \'e0 l\rquote errance}{\fs28 , hors des cheminements }{\b\i\fs28 besogneux }{\fs28 de la soif, hors de la qu\'eate du seul pain. Or l\rquote errance ouvre \'e0 l\rquote homme l
\rquote univers de la solitude\'85 Nous nous imaginons avoir besoin de prier pour vivre et nous d\'e9couvrons }{\b\i\fs28 que nous pouvons vivre sans prier}{\fs28 . La satisfaction de nos besoins ne nous a pas mis en possession de l\rquote Objet convoit
\'e9, elle nous laisse les mains vides. Toute la p\'e9dagogie de la pri\'e8re est l\'e0\~}{\b\i\fs28 : elle d\'e9tache de Dieu}{\fs28 .
\par (p. 28)
\par 
\par 
\par D\'e9couverte du d\'e9sir vrai\'85
\par 
\par \'ab\~En une prop\'e9deutique tout \'e0 la fois patiente et violente, }{\b\fs28 l\rquote homme en pri\'e8re apprend \'e0 faire la diff\'e9rence entre ce dont il a besoin pour vivre et Dieu,}{\fs28  entre ce qu\rquote il \'ab\~consomme\~\'bb et ce qui, 
\'e0 travers la consommation m\'eame, continue d\rquote exister comme radicalement diff\'e9rent. C\rquote est en d\'e9couvrant, dans le sevrage, que le lait n\rquote est pas la m\'e8re, que l\rquote enfant se d\'e9tache d\rquote elle et qu\rquote 
il peut vivre sans elle\'85 Le lait qu\rquote il peut r\'e9duire et assimiler en des temps et des lieux donn\'e9s correspond \'e0 une certaine connaissance qu\rquote il a de l\rquote }{\b\i\fs28 autre}{\fs28 , d\rquote autrui. La m\'e8re qui continue d
\rquote exister en dehors de ces temps et de ces lieux donn\'e9s est d\rquote un autre ordre, }{\b\fs28 celui d\rquote une radicale diff\'e9rence qui peut exister en dehors du besoin}{\fs28 , celui de l\rquote Autre. C\rquote 
est dans cette articulation de l\rquote autre \'e0 l\rquote Autre, de cet autre qui est et qui n\rquote est pas l\rquote Autre, que se d\'e9veloppe chez le petit d\rquote homme sa structure de }{\b\i\fs28 sujet}{\fs28  }{\b\fs28 qui noue au besoin de l
\rquote autre le d\'e9sir de l\rquote Autre}{\fs28 . L\rquote un et l\rquote autre ne se recouvrent jamais et, de cette faille originaire dont le lieu est son }{\b\i\fs28 corps}{\fs28 , vont na\'eetre le temps de son histoire et la force de sa parole. }{
\b\fs28 La v\'e9ritable relation au prochain d\'e9tache de ceux que l\rquote on aime jusqu\rquote \'e0 les laisser \'eatre pour eux dans le plus lointain de l\rquote existence}{\fs28 . (p.28-29)
\par 
\par 
\par Du d\'e9sir \'e0 l\rquote \'9cuvre \'85
\par 
\par Le P. D. Vasse d\'e9veloppe, alors, la nature de cet \'e9loignement ou absence qui r\'e9v\'e8le une pr\'e9sence. On peut r\'eaver mais le r\'eave nous fait conna\'eetre seulement que nous pouvons d\'e9sirer l\rquote impossible. Nous pouvons d\'e9
sirer simplement (pri\'e8re de d\'e9sir), mais on trouve alors l\rquote humiliation, le sentiment de perdre son temps ou le \'ab\~rien\~\'bb, \'ab\~nada\~\'bb selon le mot de st Jean de la Croix ou l\rquote absence. \'ab\~}{\b\fs28 Nous voil\'e0
 de notre pri\'e8re et, par elle, renvoy\'e9s \'e0 nos \'9cuvres}{\fs28 . Nous cherchions Dieu dans la pri\'e8re, nous y d\'e9couvrons l\rquote Absence qui creuse au c\'9cur le go\'fbt de l\rquote Autre. Ce manque en nous d\'e9livre de la n\'e9cessit\'e9
 d\rquote une pr\'e9sence \'ab\~objective\~\'bb, mat\'e9rielle, celle que r\'e9clame le besoin. Le d\'e9sir est d\'e9barrass\'e9 vis-\'e0-vis de son objet de la coalescence qui englue le besoin dans le sien. Son royaume est la diff\'e9rence. }{\b\fs28 L
\rquote homme de d\'e9sir, d\'e9viss\'e9 de son prie-Dieu, est libre de travailler \'e0 la transformation du monde,}{\fs28  non plus pour le r\'e9duire \'e0 soi-m\'eame et tenter d\rquote occuper toutes les places, }{\b\fs28 mais pour le rendre \'e0 lui-m
\'eame en assumant son r\'f4le d\rquote homme unique entre les autres}{\fs28 . Il assume ainsi sa part de paternit\'e9\~: le p\'e8re v\'e9ritable ne prend pas constamment la place de son fils pour lui \'e9viter de se perdre\~; au contraire, il le donne 
\'e0 lui-m\'eame au risque de le perdre\~\'bb. (p.49-50)
\par L\rquote \'9cuvre qui r\'e9v\'e8le
\par 
\par \'ab\~Les gens qui prient }{\b\i\fs28 vraiment}{\fs28  comme ceux qui travaillent }{\b\i\fs28 vraiment}{\fs28 , on les reconna\'eet \'e0 ceci qu\rquote ils }{\b\i\fs28 n\rquote \'e9conomisent pas}{\fs28  leur souffle, en m\'eame temps que leur pri\'e8
re et leur travail ne sont encombrants pour personne. Ils savent, d\rquote ailleurs, merveilleusement }{\b\i\fs28 perdre}{\fs28  leur temps. C\rquote est que, pour eux, il n\rquote y a pas de temps perdu. Le temps, l\rquote 
espace, le savoir ne sont plus v\'e9cus }{\b\i\fs28 seulement}{\fs28  comme des objets \'e0 acqu\'e9rir et qui les rassasieraient, }{\b\fs28 mais aussi comme la r\'e9v\'e9lation, avec la blessure qui la marque, de leur pr\'e9sence \'e0 eux-m\'ea
mes, au monde et \'e0 Dieu\~}{\fs28 \'bb. (p. 57)
\par 
\par Renoncement et existence\'85
\par 
\par Le P. D. Vasse \'e9tudie, dans la suite de son livre, le r\'f4le du renoncement, du travail, de la parole, de la loi, de la morale\'85 Apr\'e8s avoir analys\'e9 les ambigu\'eft\'e9s que le mot de renoncement peut contenir, il conclue\~:\~\'ab\~}{\b\fs28 
Le renoncement est le point qui noue le d\'e9sir infini de l\rquote homme \'e0 son corps fini}{\fs28 . Il est l\rquote ouvrage d\rquote une vie. Les forces qui le tissent m\'ealent en lui leur radicale }{\b\fs28 diff\'e9rence}{\fs28 \~: il en porte \'e0
 jamais la cicatrice. Il est lui-m\'eame cette }{\b\fs28 diff\'e9rence}{\fs28 . Symbole, d\'e9chirure toujours ouverte entre ce qui est et ce qu\rquote il n\rquote est pas. }{\b\fs28 Il unit l\rquote \'eatre et le non-\'eatre dans leur diff\'e9rence m\'ea
me}{\fs28 . Le renoncement ne refuse pas la mort et il ne sape pas la vie. Il est, dans l\rquote attachement, ce qui lib\'e8re l\rquote un de l\rquote autre ceux qui s\rquote aiment, ce qui les d\'e9tache\'85.
\par }{\b\fs28 L\rquote amour humain ne se pressent que dans l\rquote \'e9merveillement du surgissement du d\'e9sir de l\rquote Autre}{\fs28 . L\rquote homme y d\'e9couvre son sens en vivant et }{\b\i\fs28 parce}{\fs28  qu\rquote 
il vit. Autrement il se trompe. Il ne loue pas Dieu en ruinant le d\'e9sir qui l\rquote habite, mais en l\rquote avouant. }{\b\fs28 Cet aveu entrelace le \'ab\~recevoir\~\'bb et le \'ab\~donner\~\'bb dans l\rquote unique acte d\rquote exister\~}{\fs28 
\'bb. (p. 90)
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\par Travail, parole, loi\'85
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\par Le P. D. Vasse analyse en profondeur comment le travail, la parole et la loi se combinent pour r\'e9v\'e9ler l\rquote homme \'e0 lui-m\'eame. \'ab\~Par le travail, }{\b\fs28 l\rquote homme satisfait \'e0 la loi qui r\'e9git le groupe}{\fs28 
, et, ce faisant, }{\b\fs28 il se diff\'e9rencie du groupe}{\fs28  auquel il s\rquote agr\'e8ge. Il n\rquote est r\'e9ductible ni \'e0 l\rquote objet de son travail, ni au groupe, ni \'e0 son travail m\'eame. Les conditions m\'eames
 du travail qui le lient et le plient aux exigences d\rquote une vie en soci\'e9t\'e9 }{\b\fs28 sont celles-l\'e0 m\'eame qui constituent le ressort de sa relative autonomie}{\fs28 \'85\~\'bb (p.115)
\par \'ab\~On peut sch\'e9matiser en trois \'e9tapes le cheminement qu\rquote il (le travail) implique\~: }{\b\fs28 celle de la fabrication de l\rquote objet, celle de l\rquote \'e9dification d\rquote une image du corps, celle de la constitution d\rquote 
un corps social\'85}{\fs28 \~\'bb (p.116)
\par Or chacune de ses \'e9tapes peut contenir \'ab\~une impasse o\'f9 risque de s\rquote enfermer l\rquote activit\'e9 de l\rquote homme\'85 , la triple fascination que peut exercer sur l\rquote homme l\rquote objet, l\rquote image qu\rquote 
il a de lui et la reconnaissance de ses semblables\'85, fascination qui prend toujours les traits d\rquote une puissance imaginaire sur l\rquote objet, sur l\rquote image ou sur la soci\'e9t\'e9 alors m\'eame que l\rquote homme s\rquote y encha\'ee
ne. En court-circuitant le patient labeur du saisissement qui le d\'e9livre effectivement de son produit et de ses r\'eaves, il se comporte comme un }{\b\fs28 homme qui ne serait pas soumis \'e0 la conversion de son besoin en d\'e9sir}{\fs28 
. Comme un homme qui n\rquote en serait pas un.\~\'bb (p.119) En consommant ses r\'eaves il se serait d\'e9truit. Le P. D. Vasse fait ici un rapprochement avec la triple tentation du Christ au d\'e9sert\~: \'eatre au-dessus des lois de l\rquote 
humaine condition, satisfaction imm\'e9diate de ton besoin (de pain), l\rquote exaltation de la puissance. 
\par \'ab\~Ce que nous voudrions souligner ici, c\rquote est que le Christ, dans l\rquote Evangile, }{\b\i\fs28 op\'e8re}{\fs28  et r\'e9alise parfaitement le jeu des lois dans lesquelles l\rquote homme avoue sa sp\'e9cificit\'e9. Mais constater cette op\'e9
ration n\rquote est pas n\'e9cessairement confesser la foi en l\rquote existence de Dieu. Une telle foi\'85 affirme que l\rquote homme n\rquote est saisi par Dieu }{\b\i\fs28 que}{\fs28  s\rquote il travaille \'e0
 la connaissance de soi. Dans ce travail, il }{\b\i\fs28 trouve}{\fs28  autre chose que ce qu\rquote il cherche. Encore faut-il qu\rquote il aille }{\b\i\fs28 jusqu\rquote au bout}{\fs28  de sa recherche qui le conduit face \'e0 face avec la mort o\'f9
 il se r\'e9v\'e8le radicalement Autre que ce qu\rquote il travaille \'e0 \'eatre. Dans l\rquote av\'e8nement de la mort, il \'e9chappe \'e0 lui-m\'eame. Comme dans l\rquote \'e9clair du pr\'e9sent.\~\'bb (p.120-121)
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\par \'85 et morale\'85
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\par La loi morale va dans le m\'eame sens. \'ab\~Le r\'f4le structurant de la loi dans l\rquote activit\'e9 humaine nous conduit \'e0 nous interroger sur celle-ci. En ce point, notre r\'e9flexion soul\'e8ve la question de la }{\b\i\fs28 morale}{\fs28 
 comme science de l\rquote agir humain. En tant que telle, }{\b\fs28 cette loi morale est ordonn\'e9e \'e0 l\rquote union et \'e0 la diff\'e9renciation des hommes entre eux}{\fs28  (le contraire de la consommation comme dans le besoin). D\'e8s qu\rquote 
elle n\rquote est plus le support de ce double mouvement, le d\'e9veloppement de l\rquote homme qu\rquote elle entend, de droit, promouvoir, s\rquote enraye\~\'bb. (p. 123)
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\par D\'e9sir ou image du D\'e9sir\'85
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\par \'ab\~Qu\rquote il soit en pri\'e8re ou en repos, l\rquote homme, dans la mesure o\'f9 il cesse de conformer son corps aux repr\'e9sentations qu\rquote il s\rquote en fait, }{\b\fs28 laisse surgir un vide ou un manque}{\fs28 , avoue la faille d\rquote 
un discours qui ne peut dire son origine mais seulement l\rquote indiquer en cette faille m\'eame. La pri\'e8re, disions-nous au d\'e9but de ces pages, }{\b\fs28 est le lieu d\rquote ancrage de la Parole dans le corps.
\par }\pard\plain \s15\qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs28\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {Mais l\rquote \'eatre de l\rquote homme ne saurait se r\'e9duire au seul dessaisissement de la pri\'e8re\~
: par le travail qui construit le monde \'e0 son image, il entre dans un mouvement d\rquote \'e9laboration discursive, il parle et agit, il cherche \'e0 saisir l\rquote impossible objet de son d\'e9sir. Ce dernier ne tend, en effet, \'e0
 son accomplissement paradoxal qu\rquote en s\rquote inscrivant dans le }{\b\i possible}{ d\rquote une histoire. }{\b Le travail et la mise en \'9cuvre du corps apparaissent d\'e8s lors comme le lieu d\rquote 
ancrage de la Parole dans le discours du monde.
\par }{Cette bipolarit\'e9 de la parole \endash  son double ancrage dans le corps d\'e9faillant o\'f9 elle s\rquote origine et dans le discours o\'f9 elle s\rquote \'e9puise \endash  fait d\rquote elle la manifestation de l\rquote homme, le lieu de sa gen\'e8
se. }{\b L\rquote homme est et n\rquote est pas l\rquote Etre de d\'e9sir qu\rquote il d\'e9sire \'eatre\~: il en est l\rquote Image\~\'bb}{ (p. 168-169) (relation avec \'ab\~homme, image de Dieu\~\'bb ou image de la Parole)
\par }\pard\plain \qj \li0\ri0\widctlpar\aspalpha\aspnum\faauto\adjustright\rin0\lin0\itap0 \fs24\lang1036\langfe1036\cgrid\langnp1036\langfenp1036 {\fs28 
\par }}
