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Né en 1916, ce théologien jésuite a accompagné les grandes transformations de l'Église, travaillant sans relâche au dialogue entre foi et culture En août 2010, le journal la Croix a fait le portrait du P. Martelet dans le cadre d'une série intitulée "Ils ont traversé le XX° sicèle". Pendant plus de cinquante ans, Gustave Martelet va enseigner la théologie à Lyon, Paris et Rome, avec une prédilection pour les questions de foi qui sont aussi des interrogations existentielles : la création, le mal, la mort, la résurrection… Pas de faux-fuyants, d'emblée se confronter à l'essentiel. « J'ai très tôt été convaincu que les difficultés que la foi rencontrait n'étaient pas imputables à la culture, mais bien plutôt à la manière dont la pensée chrétienne s'était pendant longtemps séparée d'elle. Il s'agissait donc pour moi de ne jamais séparer la présentation de la révélation d'un amour authentique pour l'homme, ses découvertes et ses passions les plus légitimes. » Le concile Vatican II viendra confirmer ces intuitions. Gustave Martelet y interviendra d'ailleurs comme théologien des évêques francophones d'Afrique . Il est aussi aux premières loges quand les crises se succèdent dans l'Église de France, au tournant des années 1960-1970. Entre l'Église et le reste de la société, un fossé se creuse « qui aurait pourtant pu se combler», veut-il croire. « Il y avait une telle lassitude de l'autorité de l'Église que les gens ont compris la liberté comme une libération visà-vis de l'Église. » Il travaille alors sans relâche pour faire connaître le Concile, multiplie cours, sessions, publications. Dans les débats qui entourent l'encyclique Humanae vitae (1968) sur la contraception, il perçoit l'urgence de critiquer une vision du christianisme « plus sensible au péché de l'homme qu'à sa faillibilité, notamment dans l'amour ». « Ne sommes-nous pas plus mortels que pécheurs ? C'est à l'homme mortel que s'adresse d'abord la révélation chrétienne. C'est ce que l'on a tant de mal à comprendre ! », s'emporte-t-il. Après des années de combat intellectuel pour tenter de transformer cette vision faussée, il reste convaincu que la tâche est immense. « C'est la peur qui nous bloque, soupire-t-il. La peur que Dieu soit responsable du mal dans le monde qu'il a créé. On prétend sauver Dieu en insistant sur le péché de l'homme. C'est aberrant, car la cause de l'homme est pour Dieu d'avance gagnée. » Quand il veut prendre – spatialement – de la hauteur, Gustave Martelet s'envole au dernier étage de l'immeuble de sa communauté. Depuis la vaste terrasse, une vue à 360 degrés embrasse tout Paris : Notre-Dame, le Sacré-Cœur, le Mont-Valérien… Là, entre terre et ciel, le vieil homme contemple le monde et vibre au mouvement de l'histoire. « Le troisième millénaire ne nous oblige-t-il pas à reconnaître qu'un certain type d'Église est fini, l'Église-donjon qui croit que son seul devoir est de couper les ponts-levis avec la société pour préserver la foi ? Vatican II nous a ouvert un horizon tout autre. Celui d'une Église servante désintéressée de l'humanité. » Pour traverser cette période de changements profonds, le théologien reste convaincu du caractère incontournable du dialogue entre la foi et la culture. Il plaide pour que les fidèles acquièrent « la culture philosophique et scientifique qu'ils n'ont pas encore». L'Église fera-t-elle cet effort d'inculturation alors que ses forces s'amenuisent ? « Par moments, je crains qu'on n'y arrive pas et qu'on en prenne pour deux ou trois cents ans d'intégrisme. » En bon disciple de Teilhard, Gustave Martelet croit que « la vérité n'est pas la fixité ». « Dans un monde en expansion, c'est l'adhésion toujours renouvelée à un Christ toujours plus grand. » Elodie Maurot
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Pour en savoir plus : > Un théologien inspiré ar Teilhard (article la Croix) > "Notre avenir est d'être traités comme le Fils" (entretien avec la Croix) > Vidéo du P. Martelet sur le Jour du Seigneur > La communauté jésuite du Père Martelet à Paris > Livre du P. Martelet sur Teilhard > "Une église fluminale" par Gustave Martelet
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Jésuites : serviteurs
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