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actualités > 2006 > Jésuites en pastorale paroissiale
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Jésuites
en pastorale
paroissiale

Echos de Patrick Wey, Eglise Saint-Sébastien de Nancy

C'est sous le soleil qu'une bonne trentaine de compagnons travaillant en paroisse se sont retrouvés à la Baume du 7 au 9 novembre 2005 . Parmi eux quelques voyageurs venus nous rejoindre de Belgique, d'Athènes et de Maurice. La Baume , ancien noviciat : les souvenirs se sont réveillés lors des repas, que de choses ont changé en cinquante ans !

Des jésuites travaillant en paroisse, ce n'est pas vraiment une nouveauté, mais c'est quand même récent dans l'histoire de la Compagnie puisque les Constitutions avaient exclu ce ministère a priori. Le texte d'introduction du décret 19 de la 34 ème Congrégation Générale résume l'évolution qui a eu lieu dans la seconde moitié du XXème siècle.

Diversités

Cette session, je l'ai vécue sous le signe de la diversité : diversité géographique et en âge bien sûr, mais surtout diversité des situations et des questions que suscite notre investissement dans le milieu paroissial. On pourrait illustrer cette diversité en pointant deux exemples.

> Il y a la paroisse avec sa vie ordinaire, où nous sommes prêtre ou curé parmi d'autres prêtres et curés, pouvant participer avec plus ou moins de liberté à la pastorale locale.
Ainsi Thierry Geisler (Marseille), « à travers consolations et désolations » dans les relations avec les paroissiens, a mis l'accent sur la possibilité de découvrir comment Dieu est là.
François Rey (Lanslebourg), en présentant sa manière de vivre « l'annonce de l'Evangile aujourd'hui », nous a touchés par la densité humaine qui apparaît dans la célébration d'événements heureux ou malheureux, notamment les obsèques de jeunes.

> Et il y a la paroisse ou l'église confiée à une équipe de jésuites, s'accompagnant d'autres investissements apostoliques majeurs, souvent au service du diocèse : préparation au mariage, formation spirituelle, aumônerie.

Philippe Robert (Nancy), en se demandant « Comment peut-on contribuer à préparer l'Eglise de demain ? », a pointé quelques unes des questions qui invitent à chercher de nouveaux chemins.  Accepter que de plus en plus certains chrétiens cherchent d'abord un lieu de ressourcement et de repos et non un engagement, accepter que des personnes que nous avons formées aillent ailleurs, aider à donner du sens face à des jeunes prêtres qui déconcertent, ou face à d'autres prêtres qui s'épuisent à la tâche, accepter que les fruits ne seront pas immédiats dans une Eglise qui change...

Notre spécificité

Bien sûr la question de notre spécificité jésuite dans un ministère paroissial a été abordée, et Christian Vivien (Bordeaux), en présentant « quel apport spécifique à la vie de l'Eglise locale de la part d'un jésuite ? », a attiré notre attention sur l'accueil à la manière d'une communauté. D'autres ont parlé de l'écoute, de l'accompagnement ou du souci de la vie spirituelle : des manières de faire permettant d'accueillir la singularité de la personne.

Christoph Theobald, théologien du Centre Sèvres (facultés jésuites de Paris),nous a accompagnés pour mettre en relief et éclairer certains points de nos débats, par exemple en rappelant deux manières de vivre le ministère : celui auquel nous jésuites, nous sommes habitués, un ministère itinérant, et celui qu'appelle davantage la paroisse, avec un enfouissement et une durée. Que deviennent ces deux modèles dans notre manière de faire en paroisse ? Mais bien d'autres points ont été abordés renvoyant aux évolutions actuelles de l'Eglise et de la société.

Une première soirée a permis de nous retrouver autour des spécialités culinaires de nos régions (fromages, macarons, rhum et figues entre autres), accompagnées par la déclinaison des saints de nos églises, moyens de nous dire les uns aux autres comment nous étions investis dans nos paroisses. Une seconde soirée s'est organisée autour du témoignage des compagnons vivants en banlieues, et c'est Guy Delage qui a ouvert le bal avec la situation à Saint-Denis.

François-Xavier Dumortier nous a laissés quelques points en guise de mot de la fin. Je retiendrai cette remarque, qui peut aussi être une question : les religieux sont mieux armés face à un environnement plus instable, car ils ont l'habitude d'être envoyés aux frontières.

Patrick WEY

 

 

Pour en savoir plus :

> La communauté de Bordeaux et sa nouvelle insertion paroissiale

> L'Eglise Saint Sébastien à Nancy

> Décret 19 de la 34 ème Congrégation Générale

> La précédente rencontre en 2003

> Centre de La Baume-Les-Aix

> La communauté jésuite d'Aix en Provence